Édito

Les portraits de l'été /

Épisode 1 - Histoires de sens : le toucher avec Suzanne

 

Comment trouver le bonheur, le sens de notre existence?

 

Chez PLUME, notre relation aux sens et à ce qui a du sens dans nos vies, nous parait essentiel. Fondamental même.

Alors nous avons voulu vous offrir une série de portraits de femmes qui nous inspirent par leurs expériences des sens et qui ont choisi leur passion comme chemin de vie.

Durant cet été, chaque dimanche nous vous proposerons un portrait abordant des thèmes tels que : le toucher, le goût, l’équilibre par exemple. Vous découvrirez ainsi sur notre compte Instagram, le portrait en format vidéo, complété par un article sur le blog.

 

Nous espérons du fond du coeur que ces rencontres vous apporteront le même plaisir en les regardant que nous avons ressenti en les réalisant. 

 

Passez un très bel été !

 

 

 

Suzanne

 

Pour notre tout premier portrait, voici Suzanne, graphiste de 38 ans qui est retombée en amour pour la terre à 35 ans. Suzanne, nous partage sa réflexion sur le « Toucher », elle nous explique de quelle façon la poterie l’équilibre et lui apporte du bien au quotidien.

 

 

Il est 10 heures du matin et Suzanne nous accueille dans son joli atelier qui se trouve rue Causserouge à Bordeaux.

 

 

Céline L.I :  Quel âge avais-tu quand tu as commencé à travailler la terre ?

 

Suzanne : Mes premières expériences en céramique, j’étais à l’école primaire j’adorais ça ! Je pense même que pendant quelques années j’ai dit que je voulais être potière quand je serai grande et puis finalement j’ai fait autre chose et je suis revenue à la terre il y a trois ans à l’âge de trente-cinq ans. Je suis retombée amoureuse aussitôt.

 

 

 

Céline L.I: As-tu des moments privilégiés pour travailler la terre ?

 

Suzanne : Je vais à mon tour quand je sais que j’ai du temps devant moi, et je travaille toujours sur une série ! Les premières pièces me servent d'échauffement. Ensuite je prends le rythme, j’enregistre les bons gestes, tout devient plus fluide. C’est toujours un rituel, ce n’est jamais à la va vite !

 

Céline : Eprouves-tu des sensations différentes en fonction des matières que tu travailles ?

Suzanne : J’utilise deux terres très différentes. Un grès du médoc, il est naturel, donc il est très brut avec beaucoup de texture, d’impuretés, il est rugueux sous les doigts et au tour ça râpe un peu la peau, gommage assuré !  Et je travaille aussi avec de la porcelaine qui est exactement l’inverse, hyper fine et douce, une caresse sous les doigts, surtout après avoir fait du grès. Elle aussi beaucoup plus difficile à tourner et demande encore plus de délicatesse.

 

 

Céline L.I : Quels sont tes encrages ?

Suzanne : Le matin, quand j’arrive à l’atelier j’aime bien aller voir mes pièces, j’essaie de les regarder avec un nouveau regard, un regard de visiteur et ça me donne des idées sur ce que j’ai envie de poursuivre et ce que je n’ai pas envie de poursuivre. C’est une source d’inspiration pour la journée et me procure également aussi une bonne dose d’autosatisfaction. (sourires)

 

Céline L.I : Quelles sont les matières qui te font du bien ?

Suzanne : Alors, moi j’aime bien les matières dans lesquelles il y a du relief, par exemple les tissus un peu épais comme le lin, les vieux parquets en bois pleins de défauts et bien sûr j'adore mettre les mains dans la terre que ce soit à la poterie ou au jardin.

 

Céline L.I : Qu’est ce qui te vient à l’esprit lorsque tu touches la matière ?

Suzanne : La sensation que je préfère, c’est au tout début en poterie quand la terre s’immobilise entre les doigts, j’ai l’impression de réussir à la dompter c’est difficile quand on est débutant, du coup quand on y arrive c’est très satisfaisant. Et après, c’est forcement quand on commence à pincer les bords parce qu’on a vraiment l’impression que la terre s’anime et se transforme c’est assez magique. La terre a un pouvoir extraordinaire, elle permet de vider l’esprit, on ne pense plus à rien d’autre si ce n’est l’objet sur lequel on travaille et je pense que c’est une forme de méditation et c’est pour ça que ça plaît à beaucoup de monde.

 

 

 

 

Céline L.I : Peux-tu nous raconter le lieu que tu préfères au monde et le décrire ?

Suzanne : Les lieux que je préfère ? Ce sont les lieux avec des belles formations rocheuses, j’ai vraiment adoré « Dead Horse Point » dans l’Utah aux Etats-Unis, ça ressemble un peu au Grand Canyon mais en moins touristique. On peut y voir des belles strates géologiques. C’est magnifique.

 

 

 

 

Céline L.I :  Un vêtement dans lequel tu te sens hyper bien ?

Suzanne : Je suis une adepte des chemises à carreaux, je ne sais pas pourquoi, c’est mon petit côté cow-boy. J’aime bien son côté androgyne aussi, d’ailleurs j’en pique souvent dans le placard de mon conjoint.

 

Céline L.I : Et pour terminer cet entretien, peux-tu nous dire ce qu’est le beau pour toi ?

Suzanne : Je suis quelqu’un de très contemplative. Très sensible au beau, à l’harmonie des formes, des couleurs. ce n’est pas pour rien que je suis également graphiste ! Et plus je baigne dans les images, plus je suis attirée par le simple, l’épuré, le calme. Cela me correspond et m’inspire.

 

 

 

Sérénité et beauté sont les mots pour décrire la sensation que procure le travail de la terre. Quand Suzanne nous parle de l’éveil de ses sens par le biais de la terre, ils vivent de manière harmonieuse. Le toucher de ses glaises favorites, l’odeur du Humus, le bruit des grains de sable et les paysages somptueux que nous offre la Terre.

Merci à Suzanne d’avoir pris le temps de partager avec nous sa passion et son amour avec l’équipe PLUME.

 

Retrouvez les réalisations de Suzanne sur 

Instagram : @Subo.ceramique

Facebook : Subo.ceramics

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